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Hélène de Saint-Molf aime les chevaux . Elle les dresse, les élève, les monte, les soigne et leur répond tendrement, car ils lui parlent gentiment. Elle les dessine au crayon, au fusain, à la plume ou au poil de martre. Elle découpe leur silhouette dans des cahiers d'écolier ou de vieux actes notariés. elle les peint de toutes les couleurs du spectre et, parfois, elle en rêve. Les fantômes des chevaux qu'elle a aimés viennent la hanter. Aux portes de ces songes, ils frappent du sabot droit :" Hantez sans frapper", leur dit-elle. Ils se glissent sous son pinceau, son crayon, entre les lames de ses ciseaux. Les voici fixés sur la toile, la bâche ou le parchemin. Frémissants, toujours vivants.
Ce qui touche Hélène, chez les chevaux, c'est leur élégance, leur douceur, leur force, leurs formes. Mais surtout, l'énergie qui s'en dégage...
Dans son atelier, Hélène déploie une vitalité paisible. La devise des voeux maîtres de manège, "En avant, calme et droit", pourrait être la sienne. Elle invente sans arrêt, et sans apprêt : avec naturel. Rien ne semble l'étonner, mais tout peut lui attirer l'oeil...
Extrait de la biographie de Hélène de Saint-Molf par Stéphane Hoffmann |